Le 11 juin 2026, à l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, l’Université de Guyane accueille une journée exceptionnelle dédiée à la mémoire de la traite négrière et de l’esclavage.
« L’esclavage est un crime contre l’humanité. Le reconnaître, c’est construire l’avenir. »
— Loi Taubira, 21 mai 2001
Programme de la journée
Mercredi 11 juin 2026 — Amphi A, Université de Guyane — 9h–12h30 et 14h–17h
Chaque diffusion de court métrage sera entrecoupée d’échanges organisés par les étudiants du BUT Carrières Sociales 2e année de l’Université de Guyane, qui ont conçu et préparé des médiations culturelles autour de chacun des films.
Session matin — 9h à 12h30
9h00 – 9h30 — Accueil et présentation de la journée + allocutions
10 min de pause
9h40
1. Quilombo — documentaire (Brésil, 1975, ~20 min)
Portrait d’une communauté quilombo, ces refuges fondés par des esclaves fugitifs au Brésil — écho direct avec le marronnage en Guyane. Un document d’archive sur la résistance culturelle et agricole des descendants d’esclaves afro-brésiliens.
Thématique : quilombo, marronnage, résistance afro-brésilienne.
Échanges animés par le groupe — 15 min
10h15
2. L’Allée des siffleurs — Julien Hérichon (La Réunion / Île Bourbon, 2017, 23 min)
Île Bourbon, 1830. Des esclaves transmettent clandestinement leur culture à travers le langage et le corps, malgré la plantation. Une fiction historique sur la résistance par la parole et le silence.
Thématique : esclavage, résistance par le langage, transmission clandestine.
Échanges animés par le groupe — 15 min
10h55
3. Reine Kayam — Nicolas Séry (La Réunion, 2021, 21 min)
Un père et son fils face à l’héritage colonial de la canne à sucre à La Réunion. Un film sur la transmission, l’identité réunionnaise et l’esclavage en filigrane dans les gestes du quotidien.
Thématique : héritage colonial, canne à sucre, transmission père-fils.
Échanges animés par le groupe — 15 min
11h30
4. La Rivière Tanier — June Balthazard (Île Maurice / Océan Indien, 2017, 18 min)
Un film sur la mémoire de la traite négrière à travers le prisme créole : l’arbre de l’oubli, la traversée depuis le Bénin, la construction d’une identité au-delà de l’effacement.
Thématique : traite négrière, mémoire créole, identité.
Échanges animés par le groupe — 15 min
12h à 12h30 — Stands, exposition, échanges libres
Session après-midi — 14h à 17h
14h00
5. Ici s’achève le monde connu — Anne-Sophie Nanki (Guadeloupe, 2022, 25 min)
Guadeloupe, années 1640. Une femme amérindienne et un esclave fugitif se retrouvent côte à côte, d’abord méfiants l’un envers l’autre. Ensemble, ils tentent de s’affranchir du regard colonial. Premier court métrage d’Anne-Sophie Nanki, sélectionné aux César 2024 et récompensé par une vingtaine de prix.
Thématique : colonisation aux Antilles, résistance amérindienne et afro-caribéenne.
Échanges animés par le groupe — 15 min
14h40 — Chapitre 1 : Cinéma et visibilisation des mémoires invisibilisées
Discussion animée par David Crochet, directeur de Chercheurs d’Autres, vacataire à l’université — en ligne et en direct.
Deux regards croisés sur ce que le cinéma peut faire que le texte ne fait pas : rendre visible l’invisible, donner corps aux absents, réconcilier des mémoires que l’histoire officielle a longtemps séparées. Fiction et documentaire dialoguent autour d’une même question : comment le cinéma peut-il devenir un outil de médiation des mémoires coloniales et postcoloniales ?
Fanny Glissant — Réalisatrice et productrice de documentaires
Nièce du philosophe Édouard Glissant, Fanny Glissant a co-réalisé Les Routes de l’esclavage (Arte, 2018), série en quatre épisodes retraçant l’histoire de la traite du Moyen Âge à 1888. Son dernier film Aux origines, l’esclavage (2025) suit six personnalités françaises explorant leur généalogie pour raconter ce que la mémoire collective a longtemps occulté. Elle est formée en cinéma et ethnologie à Paris VIII.
Anne-Sophie Nanki — Réalisatrice de fiction
Née en Guadeloupe, réalisatrice et scénariste afro-caribéenne, diplômée de la Sorbonne Nouvelle. Son premier court métrage Ici s’achève le monde connu (2022) a remporté 17 prix à travers le monde et a été présélectionné aux Césars 2024. Co-scénariste de À genoux les gars (Cannes 2018) et collaboratrice de Raoul Peck sur Exterminate All the Brutes (HBO), elle développe actuellement son premier long métrage.
~16h15 — Vidéo du Lycée de Maripasoula (10 min)
Présentation d’une vidéo réalisée par les élèves du lycée de Maripasoula — clôture de la journée.
Sur les stands
Tout au long de la journée, deux propositions complémentaires sont accessibles dans l’espace d’exposition :
Exposition « C’est notre histoire » — Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage
Exposition itinérante de la FME, prêtée par la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG). Un parcours visuel et pédagogique sur l’histoire de la traite négrière, de l’esclavage et de ses abolitions, conçu pour tous les publics.
United Souls — T-shirts et tote bags sur les figures de lutte
Présentation du travail de United Souls, marque engagée fondée par Jacques Goba, qui rend hommage aux grandes figures des luttes pour la liberté et les droits civiques à travers le monde — Aimé Césaire, Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Nina Simone et bien d’autres. Des portraits originaux imprimés sur coton biologique. unitedsouls.fr
La loi Taubira, 25 ans après
Adoptée le 21 mai 2001, la loi n° 2001-434, dite loi Taubira, reconnaît officiellement la traite négrière transatlantique et l’esclavage en tant que crimes contre l’humanité. Portée par Christiane Taubira, alors députée de Guyane, cette loi est une avancée historique pour la mémoire et la dignité des peuples.
Vingt-cinq ans après son adoption, l’Université de Guyane propose un espace de réflexion, de mémoire et de transmission ouvert à tous.
Médiations proposées par les étudiants du BUT CS2
Cette journée bénéficie de l’implication des étudiants du BUT Carrières Sociales parcours Animation Sociale et Socioculturelle (CS2) de l’Université de Guyane, qui ont conçu et préparé les médiations culturelles et éducatives proposées tout au long de la journée.
Remerciements
Un grand merci aux professeurs M. Rezki et Mme Cécile pour leur accompagnement et leur soutien dans la réalisation de ce projet pédagogique et mémoriel.
Au soutien de la CTG qui nous prête l’exposition « C’est notre histoire » et à la Fondation de la mémoire de l’esclavage ainsi que l’Agence française de développement pour leur soutien financier.
