Roland Moreau × Jean-Luc Divialle-Hamlet
Rencontre croisée autour de deux ouvrages
Samedi 9 mai 2026 — 15h — Arènes Romaines, Toulouse
Tram T1, arrêt Arènes Romaines · Entrée gratuite
Discutant et modération : David Crochet, directeur de l’association Chercheurs d’Autres.
Deux auteurs, deux ouvrages, une même question : qu’est-ce que la Caraïbe doit à l’Afrique, qu’est-ce que l’Europe lui a pris, et qu’est-ce qu’elle lui a en retour donné sans le savoir ?
Roland Moreau revient sur 1793 à Saint-Domingue, où la liberté générale s’arrache avant même le décret de la Convention — la révolte des personnes mises en esclavage rendant enfin réelle une promesse des Lumières que plusieurs de leurs philosophes, par ailleurs ouvertement racistes, n’avaient ni pensée ni voulue pour elles.
Jean-Luc Divialle-Hamlet, dit Djolo, démontre que la langue dite créole n’est pas d’extraction française mais une langue africaine de parenté égyptienne, et interroge ce que la pensée symbolique africaine, transportée par la traite, a discrètement apporté aux cultures du Nouveau Monde et, par ricochet, à l’Europe elle-même.
Présentation croisée des deux livres, échange avec le public, suivis d’une séance de dédicace.
Roland Moreau
La liberté générale. Une révolution haïtienne, 1793 — L’Harmattan, collection Romans historiques, 2026
Auteur, réalisateur et monteur, Roland Moreau enseigne à l’Institut des Médias Avancés des Arts et des Technologies (IMAAT) de Toulouse depuis 2017, après une carrière de documentariste menée notamment à La Cathode, à la FEMIS, à l’INA et à l’ESRA. Sa filmographie compte une vingtaine de films, parmi lesquels Mimi Barthélémy, la voix de la conteuse (2012), portrait de la conteuse haïtienne dans lequel il croise l’histoire mouvementée d’Haïti et l’engagement d’une artiste qui a fait de la représentation de l’esclavage une mission de toute une vie.
Premier roman de Roland Moreau, La liberté générale s’appuie sur les papiers des Archives nationales pour entrer dans l’intimité et les contradictions des révolutionnaires français confrontés au système esclavagiste. En juin puis août-septembre 1793, les commissaires Sonthonax et Polverel proclament la liberté générale à Saint-Domingue, six mois avant le décret de la Convention.
Trois trajectoires se croisent :
- Vincent, jeune Parisien idéaliste envoyé comme ouvrier imprimeur dans la colonie en 1792
- Liberté, ancien esclave devenu officier dans l’armée de Toussaint Louverture
- Clémence, sa demi-sœur, fille d’un colon noble et d’une esclave, qui cherche à s’émanciper en devenant comédienne
Jean-Luc Divialle-Hamlet (Djolo)
Woucikam Tome 2. De la pensée symbolique africaine à la langue dite créole, à la recherche de la langue fondamentale — Éditions Ekola, 2025
Chercheur indépendant guadeloupéen, auteur, conférencier, auteur-compositeur-interprète (Tu comprendras, 2003). Formé à Toulouse au BTS Communication publicitaire de l’ISEG (1993-1995) puis à l’École Supérieure des Créatifs en Communication de Roubaix, il oriente sa carrière vers la recherche linguistique après une expérience dans la communication et le journalisme.
Au terme de dix années de travail en linguistique comparative historique et en égyptologie, il établit que la langue dite créole n’est pas d’extraction française mais une authentique langue africaine, apparentée à l’égyptien ancien du Moyen Empire. Fondateur de Lèkòl Fonbwa Woucikam, atelier de formation aux humanités classiques guadeloupéennes (depuis 2023). Président des SAS Éditions Ekola.
Après Woucikam Tome 1 (2017), Le secret de Bébé Doc (2020) et Sagesses oubliées de la langue dite créole (2021), ce Tome 2 questionne la pensée symbolique africaine et retrace l’histoire de la langue dite créole de ses origines préhistoriques à nos jours. Djolo y défend que la créolité est un leurre qui dissimule le pillage du modèle culturel des Africains du Nouveau Monde, et que les variantes de la langue dite créole tiennent à la survivance plus ou moins forte de la grammaire de l’égyptien ancien selon les territoires.
David Crochet
Discutant et modération
Directeur de l’association Chercheurs d’Autres, qu’il a fondée en 2008. L’association déploie son action depuis deux antennes — Papaïchton, sur le Haut-Maroni en Guyane, et Toulouse en Occitanie — sur les questions de mémoire de la traite, de l’esclavage et des résistances, d’éducation et de jeunesse, de création artistique et de coopération internationale (Brésil, Suriname, Bénin, Sénégal).
Coordinateur du Réseau AGIR, qui rassemble dix-huit associations engagées sur les mémoires des résistances, de la traite, de l’esclavage et des abolitions, Chercheurs d’Autres est également membre ami de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage. David Crochet travaille depuis plus de quinze ans sur la circulation des savoirs entre les Outre-mer, l’Hexagone et l’international, avec une attention particulière à l’ancrage territorial du Haut-Maroni et au rôle des artistes et chercheurs ultramarins d’Occitanie.
Infos pratiques
- Lieu : Arènes Romaines, Toulouse
- Accès : Tram T1, arrêt Arènes Romaines
- Date : samedi 9 mai 2026 — 15h
- Entrée : gratuite
- Contact : david@chercheursdautres.com — 06 38 03 40 00
Une rencontre dans le cadre du Mois des Mémoires 2026 — Mémoires oubliées, avenir partagé. 25 ans de la loi Taubira.
Organisée par l’Amicale des Guyanais et Antillais de la Région Toulousaine (AGART), Chercheurs d’Autres et la Maison des Outre-Mer en Occitanie (MOMO), en partenariat avec Tisséo et le Réseau AGIR pour la Mémoire des résistances, de la traite, de l’esclavage et des abolitions.
Programmation complète : linktr.ee/reseauagirpourlamemoire — voir aussi la page générale du Mois des Mémoires 2026.
